ART ET FOI : saint SIMON

SIMON
Un des Douze Apôtres, dit le Cananéen ou le Zélote.
Fêté le 28 octobre avec saint Jude.
Patron des scieurs de long, suite à son martyre.

Attributs

Porte une scie, instrument de son supplice, et un livre ouvert, l’Évangile qu’il prêcha.

 

 

 

 

Simon est appelé le « Cananéen » (Mt 10,3 ; Mc 3,18) ou le « zélote » (Lc 6,15).
Si « Cananéen » indique probablement son lieu d’origine : Cana ; « zélote » désigne des Juifs extrémistes qui s’opposaient à l’occupation romaine par les armes.

On a proposé aussi de l’identifier au frère de Jésus cité par les gens de Nazareth : « N’est-il pas (Jésus) le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? » (Mc 6,3 ; Mt 13,55)

Saint Simon est associé à saint Jude depuis Fortunat, évêque de Poitiers à la fin du VIe s., qui écrit que Simon est enterré en Perse avec l’apôtre Jude. Ils sont souvent représentés ensemble et ont d’ailleurs une fête liturgique commune.

Ainsi nous lisons dans le martyrologe romain à la date du 28 octobre : « En Perse, l’anniversaire des bienheureux Apôtres Simon le Chananéen, et Thaddée, appelé aussi Jude. Simon prêcha l’Évangile en Égypte, Thaddée en Mésopotamie ; ils entrèrent ensuite tous les deux en Perse et, après y avoir soumis au Christ des foules innombrables, ils consommèrent leur martyre. »

« En Occident, d’après la Légende dorée, saint Simon a comme attribut la scie : on lui inflige le martyre en le sciant en deux, comme Isaïe. » (Gérard BESSIERE, Histoire des saints, tome 1, 1986)

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de la nef de l’église de Theux (1630)

 

ART ET FOI : GRÉGOIRE LE GRAND 3 septembre

GRÉGOIRE 1er dit LE GRAND (540-604)

Préfet de Rome, moine bénédictin, légat pontifical à Constantinople, pape et docteur de l’Église.
Il envoya des moines évangéliser les Angles et de ce fait fut appelé l’Apôtre de l’Angleterre.
Fêté le 3 septembre, anciennement le 12 mars.
Patron des musiciens et chantres (il codifia le chant liturgique appelé depuis : grégorien).

Attributs : Tiare sur la tête, croix papale à trois traverses, chape, gants et anneaux aux doigts. Il tient un livre ouvert, rappelant l’Évangile qu’il enseigna ou peut-être le missel qu’il composa.

A trente-cinq ans, le riche héritier des sénateurs romains renonce à sa haute charge de préfet civil de Rome et se retire vers 575 dans sa demeure du Coelius où il a fondé  une communauté monastique. Après cinq ans, en ces temps troublés par les invasions, le pape Pélage II (579-590) l’ordonne diacre et, puisqu’il connaît le grec, il l’envoie à Constantinople comme ambassadeur permanent (580-585).
A son retour, il reprend la vie monastique, mais, en 590, le pape étant mort de la peste, on choisit Grégoire pour lui succéder malgré ses protestations. Il se dévoue auprès des pestiférés et des misérables. En même temps, il réorganise l’Église romaine, défendant les prérogatives du siège de Pierre et de Paul. Il fixe la liturgie, réforme la discipline ecclésiastique, propage l’ordre bénédictin, envoie des missionnaires en Angleterre.

Devant l’affaiblissement de l’empire d’Orient, il prend en main la défense de l’empire contre les Lombards, puis il décide de faire la paix avec eux, s’attirant l’hostilité de l’empereur. Le pape se tourne ainsi résolument vers les royaumes barbares de l’Occident, rompant le lien entre christianisme et romanité. Il se consacre simultanément à l’enseignement. On lui doit de nombreuses œuvres spirituelles.
Il mena jusqu’au bout une vie austère. Il finit ses jours dans la souffrance, avec de fréquents accès de mélancolie.

« C’est à la réorganisation de la liturgie romaine par saint Grégoire et à son adoption par Charlemagne et son empire que nous devons l’ensemble de notre liturgie jusqu’au concile Vatican II. Grégoire collationna les principales sources de la liturgie antérieures à son règne et élabora un sacramentaire qui constitua la base du missel romain. Son nom est aussi lié au chant liturgique, dit grégorien. » (Missel de l’Assemblée chrétienne, Bruges, 1964, p.1274)

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de la nef de l’église de Theux (1630) ©KIK-IRPA Bruxelles

ART ET FOI. Saint BARTHÉLEMY

BARTHÉLEMY

Un des Douze Apôtres, souvent identifié à Nathanaël (Jn 1,43-51). Fêté le 24 août.
Patron des corps de métiers qui travaillent les peaux, le cuir : bouchers, tanneurs, gantiers, relieurs.

Attributs : Il tient en main le couteau tranchant qui servit à l’écorcher vif. Il prêcha l’Évangile dont il porte le livre bien relié et avec fermoir de cuir probablement.

Barthélemy est cité uniquement dans les quatre listes des Apôtres données dans les évangiles (Mt 10,2-4 ; Mc 3, 16-19 ; Lc 6, 13-16) et les Actes (1,13).

« Il serait le même personnage que Nathanaël, comme on le pense depuis le IXe s. En ce cas, Nathanaël serait son nom personnel et Bartholomée (Bar-tolmaï, fils de Tolmaï) son nom patronymique. » (Gérard BESSIERE, Histoire des saints, tome 1, 1986) Si Nathanaël-Barthélemy est un seul personnage, alors on sait par l’évangile de Jean qu’il est de Cana en Galilée (Jn 21,2). C’est son ami Philippe qui l’amène à Jésus qui lui adresse un bel éloge : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui » et Nathanaël lui répond par une profession de foi : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! ». (Jn 1,43-51) On retrouve Nathanaël lors de la pêche miraculeuse due à la présence de Jésus ressuscité au bord du lac de Tibériade (Jn 21, 1-14).

Pour la suite et la fin de la vie apostolique de Barthélemy, nous lisons dans le martyrologe romain : « Saint Barthélemy Apôtre. Il prêcha l’Évangile du Christ dans les Indes ; passant ensuite dans la grande Arménie, il y fit de nombreuses conversions, fut écorché vif par les barbares, puis décapité sur l’ordre du roi Astyage : ainsi se termina son martyre. Son saint corps, porté d’abord dans l’île de Lipari, et de là à Bénévent, fut enfin apporté à Rome dans l’île du Tibre, où il est entouré de la pieuse vénération des fidèles. »

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de la nef de l’église de Theux (1630) ©KIK-IRPA Bruxelles

ART ET FOI : Saint THOMAS

THOMAS

Un des Douze Apôtres dont le nom araméen « toma’ » est traduit en grec par « Dydimos ». Ces termes signifient tous les deux : « jumeau ». Fêté le 21 décembre (sa mort) et le 3 juillet (transfert de ses reliques). Le calendrier de 1969 a placé la fête de saint Thomas au seul 3 juillet.
Patron des architectes, géomètres, maçons, tailleurs de pierre…

Attributs
Il porte le livre des Évangiles qu’il prêcha et l’équerre des architectes. Selon les Actes de Thomas (apocryphe du IIIe s.), « le roi indien Gonaphorus lui confia la construction d’un palais. Au lieu du palais promis, Thomas lui annonça qu’il a conçu pour lui un palais céleste et il distribua l’argent reçu aux pauvres. Le frère du roi en mourut de chagrin. Mais son âme au ciel vit un palais magnifique, celui qu’avait construit Thomas. » (Gérard BESSIERE, Histoire des saints, tome 1, 1986)

Thomas est mentionné par tous les évangiles et les Actes dans la liste des Apôtres. Seul l’évangile de Jean évoque trois scènes relatives à Thomas. La plus célèbre (Jn 20, 24-28) est celle de son incrédulité à propos de la résurrection qui lui vaut le terme d’incrédule de la part de Jésus, mais nous donne une belle profession de foi, devenue chère aux chrétiens : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Lors du dernier repas, il demanda à Jésus le chemin pour aller au Père et obtint cette superbe réponse : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jn 14, 2-6). Enfin, Thomas était encore intervenu pour encourager les autres apôtres à suivre Jésus vers Jérusalem : « Allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui. » (Jn 11,16).

Le martyrologe romain écrit : « A Calamine, l’anniversaire du bienheureux Apôtre Thomas, qui prêcha l’Évangile aux Parthes, aux Mèdes, aux Perses, aux Hyrcaniens ; il pénétra ensuite dans l’Inde, instruisit le peuple de la religion chrétienne et mourut percé d’un coup de lance par ordre du roi. Ses restes, d’abord portés à Édesse, ont été depuis transférés à Ortone, dans les Abruzzes. »

« Les chrétiens de Malabar, en Inde, se rattachent à saint Thomas. Leur liturgie « syro-malabare », apparentée au rite chaldéen, est célébrée dans une langue syriaque. Près de Saint-Thomas de Mailapur, à proximité de Madras, on peut voir une croix avec une inscription du VIIe s. en ancien persan qui marquerait le lieu du martyre de Thomas. » (Gérard BESSIERE, Histoire des saints, tome 1, 1986)

Abbé Marcel Villers

Illustration : plafond de la nef de l’église de Theux (1630) ©KIK-IRPA Bruxelles