Clés pour lire l’évangile de Luc 43. Les invités

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 14, 1.7-14 du 22ème dimanche ordinaire.

43. Les invités

Quand tu donnes une réception,
invite ceux qui n’ont rien à te donner en retour (Lc 14, 13-14)

Ce sont les exclus que Dieu invite à sa table, au festin du Royaume. Oui, la table du Seigneur est ouverte à tous. Le fait que ces défavorisés ne peuvent rien rendre en retour souligne la gratuité de l’agir de Dieu. Ce n’est pas en raison de tel mérite ou de tel exploit que Dieu agit en leur faveur. Le monde de Dieu est au-delà du donnant-donnant. Dans le monde de Dieu, tout est gratuit, tout est grâce.

Si c’est bien de l’agir divin qu’il est question, alors Jésus nous invite à agir envers notre prochain comme Dieu agit envers nous. Aller vers les exclus, agir avec humilité, prendre la dernière place, ne rechercher aucune réciprocité, aimer gratuitement sans espoir de retour ou de récompense. Ainsi, nous dit Jésus : heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour. Cela te sera rendu à la résurrection des justes (14, 14).

Le banquet messianique

« Le repas de fête, le banquet communautaire joue un grand rôle dans l’espérance du peuple de Dieu : c’est le banquet messianique, annoncé par les prophètes et attendu par l’Église : « Dieu prépare pour tous les peuples un festin de viandes grasses, un festin de bons vins » (Es 25, 6). Ce repas eschatologique, repas des noces avec l’Agneau, est anticipé dans les repas que prend Jésus avec les siens, dans la multiplication des pains, dans les repas auxquels il participe après sa résurrection, et résumant tous ces repas, dans l’eucharistie » (J.J. VON ALLMEN, Vocabulaire biblique, 1969).

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Luc 42. La porte étroite ou fermée

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 13, 22-30 du 21e dimanche ordinaire.

42. La porte étroite ou fermée

N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? (Lc 13, 23)

Jésus ne répond pas à la question du nombre des sauvés. Pour lui, ce qui importe n’est pas demain, ou de savoir ceci ou cela sur l’au-delà, ce qui importe, c’est ici et maintenant se décider devant l’appel de Dieu. « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite » (13, 24). Il n’y a plus d’élus ou de sauvés, il n’y a que des appelés.

Mais le temps presse. C’est ici et maintenant que se joue demain. La porte fermée, il sera trop tard. « Vous vous mettrez à frapper à la porte… il vous répondra : Je ne sais pas d’où vous êtes » (13, 25). Il n’y a pas de place réservée. L’appel du Seigneur est adressé à tous les peuples de la terre. Et il y sera entendu. « On viendra de l’Orient et de l’Occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu » (13, 29).

Il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers.

En conclusion de la parabole de la porte fermée (Lc 12, 24-30), on trouve cette sentence généralisante sur les premiers et les derniers. Elle appartient à la catégorie des proverbes utilisés dans la culture juive de l’époque et qui visent à enseigner une certaine sagesse de vie : « beaucoup d’appelés, peu d’élus » ; « qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » ; « quiconque demande reçoit » ; « à qui on donne beaucoup, beaucoup sera demandé » ; etc.

Ces sentences ne découlent pas de la parabole. Elles y sont accolées à une époque où on n’en comprenait plus le sens originel, car on avait perdu le contexte primitif, celui dans lequel Jésus l’avait prononcée. On transforma alors les paraboles en leçons de morale générale.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Luc 41. La division

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 12, 49-53 du 20e dimanche ordinaire.

41. La division

Pensez-vous que je sois venu mettre la paix ? Non, mais la division.
(Lc 12, 51)

Jésus ne peut laisser indifférent. Chacun est sommé de choisir face à cet incendiaire « venu apporter un feu sur la terre. » (12, 49) Ce feu s’attaque à nos maisons et aux liens familiaux. Il suffit que l’un prenne parti pour Jésus et voilà la division installée : « le père contre le fils et le fils contre le père ; la mère contre la fille et la fille contre la mère. » (12, 53)

Ce facteur de division qu’est Jésus et son annonce de la venue du Règne de Dieu engendre complots et volonté de s’en débarrasser. Il sait qu’il va être rejeté et tué. « Je dois recevoir un baptême et quelle angoisse est la mienne ! » (12, 50) C’est aussi celle de ces innombrables chrétiens poursuivis, chassés, assassinés pour leur foi.

Le feu

« Dans la Bible, Dieu se révèle dans le feu : au buisson ardent (Ex 3, 2), au mont Sinaï (Ex 19, 18), aux yeux des prophètes (Ez 1, 4). Le feu fait aussi partie du rituel des sacrifices au temple où à l’occasion il tombait du ciel pour dévorer l’holocauste (1 R 18, 39). Le feu a toujours été considéré comme une des forces de la nature. Il rappelle l’œuvre de la création divine. C’est pourquoi il est interdit de faire du feu le jour du sabbat (Ex 35, 3). Purificateur par excellence, le feu est l’instrument du châtiment divin (Ps 50, 3 ; Mc 9, 49 ; Ap 8, 9) ; mais il est aussi symbole de forces purificatrices positives comme le baptême (Mt 3, 11) ou l’amour (Ct 8, 6). » (André CHOURAQUI, Dictionnaire de la Bible et des religions du livre, 1985)
En Lc 12, 49, le feu évoque l’Esprit-Saint car Jésus avait pour mission de « baptiser dans l’Esprit-Saint et le feu » (Lc 3, 16). Les apôtres seront « baptisés dans l’Esprit-Saint » à la Pentecôte (Ac 1,5).

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Luc. 40. Marie, sa mère

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Aujourd’hui, Lc 11, 27-28 de la fête de l’Assomption.

40. Marie, sa mère

Heureuse la mère qui t’a porté en elle et dont les seins t’ont nourri !
(Lc 11, 27)

Heureuse, bienheureuse, Marie, mère de Jésus ! « Bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni » (Lc 1, 42). Avec Elisabeth, nous reconnaissons en Marie celle qui porte le Sauveur. Elle est la mère de Jésus. Et y a-t-il plus profonde communion que celle qui unit la mère et son enfant ?

« Heureuse la mère qui t’a porté ! » (11,27). Et Jésus d’ajouter : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! » (11, 28). Ce faisant, il parle de sa mère, modèle de foi et donc du vrai disciple : « Je suis la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta parole » (1, 38).

Oui, avec Élisabeth, nous proclamons « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (1, 45). Cette béatitude résonne pour elle comme pour nous.

Assomption

« Malgré la discrétion des Évangiles, les chrétiens ont rapidement voulu célébrer Marie et ses derniers moments, comme ils le faisaient pour honorer leurs saints. Une croyance se répand, celle de son « endormissement » – sa Dormition disent les orthodoxes – qui consiste en son élévation, corps et âme, au ciel par Dieu. « Assomption » ne vient pas du verbe latin « ascendere » (monter, s’élever), qui a donné « Ascension », mais d’« assumere » (assumer, enlever). L’étymologie souligne l’initiative divine : Marie ne s’élève pas toute seule vers le ciel, c’est Dieu qui fait le choix de l’« assumer », corps et âme, en la réunissant à son Fils » (Père Laurent de Villeroché, eudiste). En 1950, le pape Pie XII proclama le dogme de l’Assomption.

Abbé Marcel Villers