SOURCES : 113. ACTE DE CONFIANCE

SOURCES

Au cours de ce temps de l’Avent, laissons-nous saisir par l’espérance, dans l’attente de la venue du Sauveur. Confiance, abandon de soi dans les mains du Seigneur comme Marie qui a dit oui et attendait dans la foi et la confiance.

Abbé Marcel Villers

Sans soucis

« Mon Dieu, convaincu que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous
que ne peut jamais manquer de rien celui qui attend de vous toutes choses,
j’ai résolu de vivre sans aucun souci
et de me décharger sur vous de tout genre d’inquiétude.

Les hommes peuvent me ravir et mes biens et mon honneur.
Les infirmités peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir.
Je puis même perdre votre grâce par le péché,
Jamais je ne perdrai mon espérance.

Que d’autres attendent leur bonheur
de leurs richesses ou de leurs talents ;
qu’ils s’appuient
ou sur l’innocence de leur vie
ou sur la rigueur de leurs pénitences
ou sur la ferveur de leurs prières,
pour moi, Seigneur,
toute ma confiance, c’est ma confiance même.

Je sais, hélas ! je ne le sais que trop,
combien je suis fragile et changeant ;
je sais ce que peuvent les tentations
contre les vertus les mieux affirmées.
J’ai vu tomber des saints,
mais tout cela ne peut m’effrayer.

Tant que j’espérerai,
je me tiens à couvert de tous les malheurs
et je suis assuré d’espérer toujours
parce que j’espère encore cette invariable espérance. »

Saint Claude La Colombière, Acte de confiance en Dieu, XVIIe s.

CLAUDE LA COLOMBIÉRE (1641-1682), jésuite, exerce son ministère en tant qu’enseignant, prédicateur, directeur de conscience, conseiller personnel et écrivain. Il est surtout connu pour son rôle de directeur spirituel de sainte Marguerite-Marie Alacoque la voyante de Paray le Monial. Ils ont donné à la dévotion au Sacré-Cœur une ampleur sans précédent.

SOURCES : 48. FOI ET ESPERANCE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement. Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

48. De la foi à l’espérance 

« La foi, partout où elle se déploie en espérance, n’apporte pas le repos, mais l’inquiétude.
Elle ne rend pas patient, mais impatient.
Elle n’apaise pas le coeur inquiet, mais elle est dans l’homme ce cœur inquiet.

Tout homme qui espère dans le Christ ressuscité des morts
ne peut plus prendre son parti de la réalité telle qu’elle est.
Il commence à en souffrir, à la contredire.
Paix avec Dieu veut dire guerre avec le monde
car l’écharde de l’avenir promis s’enfonce sans rémission
dans la chair du présent toujours inaccompli.

L’espérance garde l’homme dans le refus de s’installer
jusqu’au grand accomplissement de toutes les promesses de Dieu.
Elle le maintient en situation de voyageur, dans un monde ouvert.
Cette ouverture, le monde la reçoit de la promesse de Dieu ressuscitant le Christ.
Aucun dépassement ne pourra jamais la rendre périmée,
si ce n’est l’accomplissement opéré par Dieu lui-même.

Cette espérance fait de la communauté chrétienne le foyer d’une perpétuelle agitation au cœur des sociétés humaines qui voudraient se fixer en sociétés permanentes. »
(Jürgen Moltmann, Théologie de l’espérance, 1973)

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­­JÜRGEN MOLTMANN (1926), pasteur protestant, professeur de théologie à l’université de Tübingen. Sa « Théologie de l’espérance », notamment inspirée par l’œuvre d’Ernst Bloch va faire connaître Moltmann sur la scène théologique internationale. Il exerça une influence « souterraine » sur toute la théologie sud-américaine de la libération.

La chronique du 22 novembre 2020 de notre Curé

Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?

Si certains de nos contemporains s’inquiètent de ce que seront leurs fêtes de fin d’année, nous, chrétiens, sommes plongés comme à Pâques dans la sobriété contrainte et le jeûne forcé. La célébration du Christ-Roi est un peu notre « réveillon » et le premier dimanche de l’Avent, notre « nouvel an ». Or pas de rassemblement en Église possible…Cependant soyons en sûrs comme le dit l’Écriture : « les bontés du Seigneur ne sont pas épuisées ».

La fête de la Toussaint nous avait conduits sur la montagne des Béatitudes, d’ordinaire la fête du Christ-Roi nous amène sur le Golgotha avec la scène de Jésus crucifié avec les deux larrons. (Lc 23.33-43). L’Évangile de ce dimanche nous fait entrevoir le sommet de l’Histoire sainte avec l’épisode du jugement dernier en Mt 25. Il y a là un fil rouge : celui du salut. Fil qui s’est attaché au mont Horeb par le don de la Loi. Le Dieu qui libère des esclavages n’abandonne jamais son peuple et lui offre les moyens de grandir en vie et en liberté. « Je t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » « Les 10 paroles s’initient par la promesse tenue » commente Véronique Margron, dominicaine et théologienne. « Dix paroles gravées dans la pierre pour être transmises de génération en génération afin d’offrir la vie et de ne plus se perdre dans d’autres terres de soumission. » Lire la suite « La chronique du 22 novembre 2020 de notre Curé »

Notre Curé nous parle – 19 juillet 2020

Notre unité mais notre diversité dans l’attachement au Christ

Il y a 75 ans, le 8 juillet 1945, paraissait le premier numéro du magazine La Vie qui s’appelait alors La Vie catholique illustrée. L’éditorial non signé mais inspiré par George Hourdin, cofondateur avec Ella Sauvageot, portent ces mots étonnants aujourd’hui : « Le journal informera d’abord sur les manifestations de la hiérarchie et des œuvres catholiques… et sur ce qui s’accomplit d’important dans notre France chrétienne et dans l’Église universelle ». Le même éditorial mentionne : « l’attachement au Christ unit profondément les chrétiens en dépit des divergences et des opinions que les passions politiques voudraient susciter pour notre malheur ». La photo de couverture présente le visage marqué par la souffrance d’un Christ en croix en bois sculpté du XVIème siècle, œuvre aujourd’hui encore visible dans la cathédrale de Perpignan.

Je témoigne ici que ce périodique a nourri et éclairé mon attachement au Christ Jésus depuis le début de ma vie professionnelle. C’est en effet fin 1983, au temps de mes premiers salaires, que je m’abonne à l’hebdomadaire. Hebdomadaire qui participe encore aujourd’hui à alimenter ma réflexion, soutenir mon engagement. Hebdomadaire qui, en contre point de l’Écriture, me donne de l’espérance au fil des événements. Que ne m’a-t-il pas apporté lors de la crise du confinement ? Ce sont d’ailleurs les analyses et réflexions de ce journal sur la pandémie et ses effets qui m’ont donné envie de partager dans ce gribouillage que vous lisez depuis quelques mois maintenant. Lire la suite « Notre Curé nous parle – 19 juillet 2020 »