Clés pour lire l’évangile de Luc : 1. Votre rédemption approche

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine : Lc 21, 25-28.34-36 du 1er dimanche de l’Avent.

Votre rédemption approche

Restez éveillés et priez :
ainsi vous aurez la force de vous tenir debout devant le Fils de l’homme
(Lc 21,36)

« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie » (21,34). Deux pièges, en effet, guettent le croyant : l’engourdissement et le divertissement.

La vie de foi est faite du désir et de l’attente de la venue et de la rencontre du Christ. À force d’attendre, notre désir peut s’émousser et une sorte d’engourdissement spirituel s’ensuit : on continue machinalement à poser des gestes religieux, mais sans âme. L’autre dérive est le divertissement. Le désir s’inscrit dans un manque, celui de Dieu. Ce manque peut être ressenti comme un vide qu’il faut alors combler par les plaisirs, les soucis, l’agitation.

La vie spirituelle est une lutte contre ces deux tentations. « Restez éveillés et priez en tout temps » (21, 36). Vivre éveillés et cultiver l’attente de Celui qui vient, n’est-ce pas ce en quoi consiste la prière ?

La rédemption

Ce terme traduit le grec apolutrôsis qui comporte « l’idée d’un affranchissement, d’une libération, d’une délivrance, impliquant un prix ou une compensation à payer. On emploie ce terme pour la libération des esclaves et des prisonniers, mais aussi pour la délivrance de diverses difficultés, contraintes et dangers. Signifiant épargner, préserver, conserver sain et sauf, le terme devient l’équivalent de sauver au sens profane et religieux.

Dans l’Ancien Testament en grec (la Septante), Dieu est le sujet du verbe grec lutroomai qui traduit divers mots hébreux signifiant : racheter, délivrer, sauver, arracher à un danger. Dieu libère son peuple afin de se l’acquérir comme bien précieux. Dans le Nouveau Testament, nous devons entendre cette opération divine comme une libération, une délivrance, une ré-union à Dieu qui nous arrache à tout esclavage autre que celui de l’amour qui nous a renouvelés et que la croix de Jésus exprime. » (Jean-Marie PREVOST (dir.), Nouveau vocabulaire biblique, 2004, p.283-287).

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Marc : 31. La mission

Clé pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine, nous revenons sur l’envoi en mission : Mc 6, 10-13.

31. La mission

Il leur donnait autorité sur les esprits impurs. (Mc 6,7)

Jésus envoie ses disciples en mission. En quoi consiste-t-elle ? La mission consiste à libérer et guérir. « Ils expulsaient beaucoup de démons et guérissaient de nombreux malades. » (6,13) L’action missionnaire est nécessairement une lutte menée contre ces puissances aliénantes que sont les démons. La foi chrétienne est libération de la peur, peur des démons et de tous ces êtres mystérieux qui peuplent la nature ou prennent possession des humains.

Au pouvoir d’exorciser s’ajoute la mission de guérir. Le christianisme est, en effet, une religion thérapeutique, une religion du salut, autrement dit de la santé, et santé globale. La mission, c’est d’abord des actes qui révèlent le Dieu des chrétiens comme un pouvoir bienfaisant au bénéfice de l’homme, un Dieu philanthrope.

L’onction d’huile

« Ils faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades. » (6,13) « L’usage de l’huile d’olive parfumée est fréquent en Orient ; elle est en usage pour les soins de beauté (Ps 45,8-9), comme médicament pour les malades (Mc 6,13) ou onguent pour calmer la douleur (Lc 10, 34), et comme aromate pour ensevelir les morts (Mc 14,3 ; 16,1). Dans la Bible, le roi est sacré. Il est celui qui a reçu l’onction, il est l’oint du Seigneur ou messie (terme transposé de l’hébreu). Les prêtres et les objets du culte sont consacrés par une onction d’huile.
La liturgie chrétienne a conservé cet usage sacré de l’huile pour l’administration des sacrements de baptême, confirmation, ordre et onction des malades. » (CHOURAQUI André, L’univers de la Bible, tome XX, Paris, 1985)

Abbé M. Villers