Homélie pour le 4ème dimanche de l’Avent (année A)

JosephpritchezluiCette homélie a été prononcée par l’abbé Marcel Villers en l’église Saint-Roch de Jehanster, ce dimanche 22 décembre. Nous le remercions de nous avoir fait parvenir son texte!

4ème dimanche de l’Avent (année A) : évangile Mt 1, 18-24

La vierge concevra et mettra au monde un fils auquel on donnera le nom d’Emmanuel qui se traduit : ‘Dieu-avec-nous’.
Dieu vient habiter parmi les hommes.
En Jésus, Dieu est désormais avec nous.
Cet enfant que porte Marie, c’est la promesse qui se réalise.
Toute l’attente des siècles et des peuples se concrétise : un enfant nous est donné.

Pourtant, cet acte décisif, ce moment capital de l’histoire et du salut des hommes se présente comme une énigme. Énigme pour nous comme pour Joseph.
Dieu accomplit sa promesse mais par une voie déconcertante.
Déconcertante pour nous, bien sûr.
Mais surtout pour Marie, dont on se souvient de la question posée à l’Ange : Comment cela peut-il se faire ?
Et déconcertante tout autant pour Joseph, à qui elle est promise.
Leur projet de couple est anéanti.
Avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit-Saint.

Voilà qui ne peut que poser question à Joseph, son promis.
Dieu intervient à ce moment décisif pour le salut du genre humain. Et le chemin qu’il choisit, c’est de bouleverser le projet de Joseph et Marie.
Comment comprendre ?

Il y a là un point critique, une étrangeté, une énigme qui nous avertit d’un piège, pour l’interprétation. Autrement dit, il faut se méfier d’une lecture trop simple. Se cache ici un secret, une révélation. Pour comprendre, il faut aller au-delà des apparences.

Ainsi n’allons pas imaginer doute ou soupçon de Joseph sur la vertu de Marie.
Joseph sait que, devant Marie enceinte, il se trouve en présence de Dieu.
Avant même que l’Ange ne lui ai parlé, Joseph a reconnu, dans la foi, que l’enfant de Marie est celui de la divine promesse.
Or, Joseph, son époux, était un homme juste.
C’est ici que commence le drame intérieur de Joseph, non pas psychologique, mais théologique, spirituel.
Joseph, nous dit l’évangile, est un homme juste.
Un juste, pour la Bible, c’est un homme pieux, respectueux de Dieu et de ses commandements, un homme religieux qui n’a qu’un seul désir : se soumettre en tout à la volonté de Dieu.

Puisque l’enfant porté par Marie vient de Dieu, alors Joseph ne peut mettre la main dessus, ne peut s’arroger ce qui appartient à Dieu et à lui seul.
Aucun juif n’osait approcher de l’Arche d’alliance parce que c’était la présence de Dieu, la demeure de Dieu parmi son peuple.
Ainsi en est-il de la réaction de Joseph.

En juif pieux, en homme juste, il ne se reconnaît pas digne d’approcher Marie, encore moins de prendre chez lui Marie et le fils qu’elle porte.
Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.
Dans ces dispositions, Joseph ne peut que s’effacer, se retirer devant l’œuvre de Dieu. D’où sa décision : se séparer de Marie, laisser ainsi tout le champ à Dieu.

Il avait formé ce projet lorsque l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse.

Contrairement à la décision que Joseph avait prise, Dieu lui demande d’entrer dans la réalisation de son dessein.
Pour la deuxième fois, Joseph doit renoncer à son projet, à sa décision.
Dieu lui donne mission, non pas de s’effacer, mais de tenir sa place d’époux près de Marie et de veiller paternellement sur l’enfant.
Elle mettra au monde un fils, auquel toi, tu donneras le nom de Jésus.
Marie met au monde.
Joseph donne le nom, c’est-à-dire une identité à cet enfant.

Mais quel nom ?
La question est capitale puisque le nom nous permettra de savoir qui est l’enfant de Marie, quelle est sa mission.
Trois noms apparaissent dans les textes de ce jour.
Joseph lui donnera le nom de Jésus, c’est-à-dire : ‘le Seigneur sauve’.
Selon le prophète, au fils de la vierge, on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : ‘Dieu-avec-nous’.
Enfin, Saint Paul nous dit de cet enfant : il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu, par sa résurrection, lui Jésus, le Christ, notre Seigneur.

‘Dieu-avec-nous’, ‘Sauveur’ et ‘Fils de Dieu’, telle est l’identité profonde de l’enfant de Bethléem que nous irons adorer bientôt à la crèche. Seule la foi peut discerner la vérité sur l’enfant de Noël.

Abbé Marcel Villers

En ce temps d’Avent, en route pour le désert…

DesertHomélie de ce 2ème dimanche d’Avent, par « notre » diacre, Jacques Delcour, à Theux

(photos ci-dessous)

Lectures: Is 11, 1-10 – Ps 71 – Rm 15,4-9 – Mt 3,1-12

« Prêcher dans le désert » revient à dire qu’on parle dans le vide, sans aucune chance d’être entendu. Or voici que, dans son l’Évangile, Matthieu nous dit que Jean-Baptiste proclame dans le désert… reprenant les paroles du prophète Isaïe : Une voix crie dans le désert…

Dans le désert ? Alors que, nous dit Matthieu, Jérusalem, toute la Judée, toute la région du Jourdain, des pharisiens et des sadducéens en grand nombre viennent à Jean-Baptiste pour se faire baptiser. Le désert, vraiment ?

La semaine dernière, les textes de la liturgie nous invitaient à nous réveiller, à nous bouger : et tous ceux-là qui rejoignent Jean-Baptiste, on peut dire qu’ils se sont bougés !

Nous étions encore invités à être prêts pour la rencontre avec le Seigneur. Mais comment être prêt pour cette rencontre ? D’abord il nous faut connaître le Seigneur afin d’être capable de le re-connaître !

Les textes sacrés proposés aujourd’hui par l’Église me renvoient à l’actualité, à celui dont les médias nous entretiennent depuis deux jours : Nelson Mandela. Cet homme est unanimement reconnu pour le combat qu’il a mené jusqu’au bout : un combat pour la vie, pour la justice, pour l’égalité pour tous (« un homme, une voix ! »). Habité par une espérance, c’est avec courage et persévérance qu’il n’a cessé de croire à une réconciliation possible entre deux communautés opposées. Justice, réconciliation, pardon : ce sont les mots les plus souvent cités à son sujet. A ces mots, on peut le connaître et reconnaître qui il était.

Qu’en est-il alors pour le Seigneur ? Comment peut-on le connaître ? Le reconnaître ?

Suivons le conseil de saint Paul : tournons-nous vers « les livres saints qui ont été écrits pour nous instruire ». Vers le Livre d’Isaïe dont un extrait nous a été proposé. Isaïe, le prophète, le porte-parole de Dieu, un de ceux qui annoncent la venue du Messie.

Il nous annonce la venue de quelqu’un qui s’insère pleinement dans l’humanité en prenant place dans la lignée des descendants de Jessé et de David : ce n’est pas un « électron libre ». On le reconnaîtra parce que sur lui reposera l’Esprit de Dieu : sagesse, discernement, conseil, force, connaissance et crainte du Seigneur. Justice et fidélité le qualifieront.

Autre livre, l’Évangile selon Matthieu, et un autre prophète : Jean le Baptiste. Lui aussi, nous annonce la venue de quelqu’un qui le suit, « plus grand que lui ». Jean-Baptiste prolonge l’annonce d’Isaïe en proclamant que pour rencontrer Celui qui vient, il faut se convertir et produire du fruit, un fruit qui exprime une conversion profonde et véritable.

D’abord se convertir : changer de cap, se « retourner », changer son regard, son cœur et produire du fruit. Lequel ? Retrouvons saint Paul : il demande que le Dieu de la persévérance et du courage nous donne d’être d’accord entre nous selon l’esprit du Christ; que nous ayons la persévérance et le courage de nous accueillir les uns les autres comme le Christ nous accueille avec miséricorde. Accueillir avec miséricorde, c’est une conversion, c’est commencer un chemin de réconciliation, de pardon demandé et donné. C’est encore, à la suite du Christ annoncé par Isaïe : ne pas juger d’après les apparences, ne pas trancher d’après ce que l’on entend dire…

Jean-Baptiste proclame dans le désert, pourtant nombreux sont ceux qui le rejoignent.

Et si je faisais de même, si nous faisions de même parce qu’on ne chemine pas seuls, si nous tous allions, rejoindre Jean-Baptiste dans « son » désert, ce lieu privilégié de la rencontre avec Dieu? Et si nous allions rejoindre ce peuple en marche qui avance avec la force de Dieu dans la fatigue et l’aridité du quotidien?

Alors, nous ne manquerions pas d’y rencontrer le Seigneur dans le visage d’autres « Nelson Mandela », de tant d’autres « Madiba » qui, dans l’ombre du quotidien, loin des feux de l’actualité, sont tout autant artisans d’un monde de justice et de paix, et témoins de cette présence de Dieu au milieu de son Peuple !

En ce temps d’Avent, en route pour le désert …

Voici venir un jour sans fin de justice et de paix.

Quelques photos de cette célébration, présidée par l’abbé Jean-Marc de Terwangne.

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Voici les « mots d’ordre » pour cette 2ème semaine d’Avent: reconnaître le Seigneur, miséricorde et communion, se laisser convertir et produire un fruit.

Beau programme, bonne semaine!

Homélie pour la fête du Christ-Roi, ce dimanche 24 novembre

LePeupleRegardaitL’abbé Marcel Villers a prononcé l’homélie qui suit, en la fête du Christ-Roi, ce 24 novembre, à Theux

Il commentait l’évangile, extrait de Luc 23,35-43.

La croix est le terme de la vie et de l’action de Jésus. C’est un fait.
C’est aussi l’épreuve de la foi.
Face à cette mort se pose la question essentielle –et dont la réponse sépare chrétiens et autres– Jésus a-t-il échoué ?
Aujourd’hui, comme il y a vingt siècles, face à Jésus crucifié, on peut distinguer quatre positions, quatre attitudes, celles que l’évangile de ce jour met en scène, celles du peuple, des chefs et des soldats, de chacun des deux larrons.

Le peuple restait là à regarder.
Muet, il contemple celui qui avait annoncé un monde de fraternité et guéri l’homme de ses maladies et péchés. Il avait suscité une belle espérance, ce Jésus, en parlant d’un Dieu d’amour et de liberté, de pardon et de vie. Ce monde nouveau meurt avec lui. L’injustice a triomphé une fois de plus. Jésus a échoué. Où est-il son Royaume ? Stupéfait ou résigné, le peuple restait là à regarder, sans rien dire.

Les chefs ricanaient : Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu.
Ces chefs du peuple ou de la religion se sont opposés à Jésus. Au nom de l’ordre, de la Loi, d’une certaine idée de Dieu. Car comment garantir un ordre social si, comme le proclamait Jésus, tous les hommes sont égaux et frères ? Comment maintenir une religion et des commandements si Dieu pardonne gratuitement ? Et surtout, comment un homme mourant sur une croix peut-il être l’Élu, le Sauveur ? Ses prétentions sont dérisoires et son Royaume, un rêve. Restent moqueries et ricanements.

L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : Sauve-toi toi-même et nous avec !
Injure ou plutôt cri de désespoir, de révolte de tous les écrasés de l’histoire. Comment Dieu peut-il tolérer le mal, la souffrance ? A quoi sert le Messie s’il n’arrive pas à nous épargner mort et souffrances ? Pourquoi ne fait-il pas un miracle pour moi ? On ne peut être que révolté par le silence et l’impuissance de Jésus. Qui peut mettre sa confiance dans un sauveur qui se laisse crucifier ? De quel Royaume peut-il être le Roi ?

Après résignation, moquerie et révolte, reste une quatrième attitude, celle du bon larron : Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne.
Aucune résignation, aucune révolte. Il accepte son sort : nous avons ce que nous méritons.
Aucune moquerie, aucun reproche adressé à Jésus. Au contraire : Lui, il n’a rien fait de mal, premier élément d’une confession de foi, reconnaissant en Jésus l’Innocent, le Juste.
Enfin, le bon larron ne demande pas de miracle, mais simplement, il prie Jésus : Souviens-toi de moi. Témoignage de sa confiance, expression de la foi qui s’en remet à Jésus, même dans l’obscurité : Souviens-toi de moi.

Vient alors le sommet de ce récit, la promesse de Jésus :
Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis.
Être avec Jésus, voilà ce qui fait le chrétien, le disciple.
Malgré les souffrances et la mort, Jésus nous promet d’être toujours avec lui.
Le voilà son Royaume, et son Règne est celui de l’être-avec.
Avec lui, et grâce à lui, nous connaissons la bonté du Père céleste.
Avec lui, nous partageons les souffrances de notre condition humaine.
Avec lui, nous connaîtrons la lumière et la paix du Paradis.
Tel est le sort du chrétien : être avec Jésus.
Et cela nous suffit.

Abbé Marcel Villers
P.S. Merci à Jean-François Kieffer pour son dessin Et le peuple restait là à regarder.

Homélie de la Toussaint à Theux et à Jehanster

186C

Ce 1er novembre, c’était l’abbé Marcel Villers qui célébrait tant à Theux qu’à Jehanster. Il nous a communiqué le texte de son homélie, que nous reproduisons ci-dessous, pour nous en faire tous profiter! Nous l’en remercions.

Toussaint 2013 Theux et Jehanster
(Inspiré de Benoît XVI, Toussaint 2006)

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, proclame Jésus, car votre récompense sera grande dans les cieux !

À qui s’adresse cette invitation à la joie et aux réjouissances ?
À nous tous, ici présents. Oui, en ce jour, nous voilà conviés à partager le bonheur des saints, tous ceux et celles qui ont parcouru le chemin du bonheur, celui des béatitudes que le Christ vient de nous indiquer.

Les saints ne constituent pas une caste restreinte d’élus, mais une foule innombrable. Dans cette multitude, il n’y a pas seulement les saints officiellement reconnus, mais les baptisés de chaque époque et nation, qui se sont efforcés d’accomplir avec amour et fidélité la volonté divine. Nous ne connaissons pas le visage ni même le nom de la plupart d’entre eux, car il s’agit, selon l’Apocalypse, d’une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue (Ap 7, 9).

Ce peuple comprend les saints de l’Ancien Testament, à partir d’Abel le juste et du fidèle Patriarche Abraham, les Apôtres du Nouveau Testament (dont notre Saint Jacques de Polleur), les nombreux martyrs du début du christianisme (dont nos saints patrons Hermès et Alexandre de Theux), les bienheureux et saints des siècles successifs (dont notre saint Roch de Jehanster), jusqu’aux témoins du Christ de notre époque.

À quoi servent notre louange et nos prières aux saints ?
Le grand Saint Bernard répondait : Nos saints n’ont pas besoin de nos honneurs et ils ne reçoivent rien de notre culte. Mais lorsque je pense aux saints, je sens brûler en moi de grands désirs.

Telle est donc la signification de la fête d’aujourd’hui : en contemplant l’exemple lumineux des saints, s’éveille en nous le grand désir d’être comme eux, heureux de vivre dans la lumière et la joie de Dieu. Etre saint signifie simplement vivre dans la proximité de Dieu, être de la famille. Telle est notre vocation à tous.

Mais comment pouvons-nous devenir saints, amis de Dieu?
On peut répondre à cette interrogation tout d’abord par une négation : pour être saint, il n’est pas nécessaire d’accomplir des actions et des œuvres extraordinaires, ni de posséder des qualités exceptionnelles.

On peut ensuite répondre par une affirmation : il est nécessaire avant tout d’écouter Jésus, et de le suivre sans se décourager face aux difficultés. Celui qui aime Jésus accepte de mourir à lui-même. Car celui qui veut garder sa vie la perd, mais celui qui la donne trouve la vraie vie. L’expérience de l’Église démontre que toute forme de sainteté passe toujours par le chemin de la croix, le chemin du renoncement à soi-même.

Les biographies des saints décrivent des hommes et des femmes qui ont parfois affronté des épreuves et des souffrances indescriptibles, des persécutions et le martyre. Ils ont persévéré dans leur engagement, ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve –lit-on dans l’Apocalypse– ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau (v. 14). L’exemple des saints est pour nous un encouragement à suivre le même chemin pour connaître la joie de l’amour de Dieu.

Mais quel est ce chemin sur lequel mettre nos pas ?
C’est celui qu’a suivi Jésus, celui des béatitudes. Le bienheureux par excellence, c’est lui, Jésus. En effet, c’est Lui qui est le vrai pauvre de cœur, l’affligé, le doux, l’affamé et assoiffé de la justice, le miséricordieux, le cœur pur, l’artisan de paix ; c’est Lui le persécuté pour la justice. Les Béatitudes nous montrent la physionomie spirituelle de Jésus et, dans la mesure où nous nous plaçons à sa suite, nous aussi, nous pouvons participer à sa béatitude, celle que partagent les saints.

Les saints sont pour nous des amis et des modèles de vie. Invoquons-les afin qu’ils nous aident à devenir comme eux de fidèles disciples du Christ Jésus.

Voilà qui nous enseigne sur la mort et la destinée de ceux et celles qui ont quitté ce monde. Si le chemin qui conduit à la sainteté est celui de l’amour et de la passion pour Jésus, nous comprenons alors ce qu’est la mort pour le croyant ?

La mort est plongée dans cet océan d’amour qu’est notre Dieu.
Nos défunts, nos chers disparus sont enfin comblés et bienheureux.
Ils ont trouvé celui qui seul peut rassasier le cœur humain.
Enfin, ils reposent en paix.
N’ayons pas peur de les prier et qu’à leur intercession, nous puissions progresser sur le chemin, la vérité et la vie qui est, pour nous, Jésus.

Telle est notre espérance en ce jour de Toussaint !

Abbé Marcel Villers