Notre Curé nous parle – 31 mai 2020

Pentecôte
en la Fenêtre de Theux

Un château en ruine au milieu d’une vallée verdoyante en hauteur et bien lotie en son fonds : voilà le souvenir que retiendra le visiteur de passage dans la Fenêtre de Theux. Mais qu’aura-t-il saisi de son histoire et de son âme profonde sans s’y arrêter et creuser ?

En ce 30 mai, la fête de Jeanne d’Arc se dessine en veille de la Pentecôte. La « petite bergère » en fait plutôt couturière est quasi contemporaine des six cents Franchimontois. Un peu avant que ceux-ci ne se mettent en route pour vivre leur épopée à Liège assiégée, une génération plus tôt, la Pucelle (jeune fille) a quitté son pays de Bar, forte de sa mission et accompagnée de ses frères et quelques compagnons. Forte de sa foi et au clair avec sa mission, Jehanne se lance dans une aventure qui se poursuivra au-delà de sa mort… Tout le monde a essayé de la récupérer or elle est vraiment inclassable. À son procès, on lui demande « Dieu aime-t-il particulièrement les Français ? » ; elle répond qu’elle n’en sait rien mais qu’elle sait juste que les Anglais doivent quitter la France ! Ou encore : « Croyez-vous être en état de grâce ? – « Si je n’y suis, Dieu m’y mette ; si j’y suis, Dieu m’y garde ». Réponse reprise dans notre catéchisme officiel. Bref Jeanne est comme nous, elle a des racines, elle a une foi simple, elle reçoit une mission dont elle ne sait où elle va la mener ! Jehanne est l’incarnation de 2Co 12,9 : « Ma grâce te suffit car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse »… Lire la suite « Notre Curé nous parle – 31 mai 2020 »

Notre Curé nous parle – 24 mai 2020

Entre Ascension et Pentecôte

Ce dimanche est le moment favorable pour m’adresser encore à vous, paroissiens de la Fenêtre de Theux ainsi qu’à ceux et celles qui nous rejoignent régulièrement…

Moment favorable pour nourrir notre espérance dans le Christ Jésus, lui qui vit et nous accompagne en ces temps particuliers… Cette nourriture ne nous est pas uniquement destinée car, comme l’écrit Saint Pierre, « soyons prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous » (1 P).

La semaine dernière, la météo ne s’est pas montrée très favorable au contraire de celle de cette semaine. Le temps météorologique lié au temps qui passe m’amène à vous partager cette citation de Claire de Saint Lager : Le temps n’est pas simplement linéaire, il roule en rythme circulaire, comme une respiration, il est fait d’apparitions et de disparitions, de rendez-vous et de silence, d’échanges et de solitude. Les saisons se succèdent, l’hiver annonce le printemps à venir. Mais sans le repli de l’hiver, sans ce repos de la nature qui, sous le tapis de gel, puise en profondeur de la nature, il ne peut y avoir de renaissance au printemps (Comme des colonnes sculptées, Ed. de l’Emmanuel). Lire la suite « Notre Curé nous parle – 24 mai 2020 »

Histoire des missions 2. La Pentecôte et la dispersion des Douze

2.La Pentecôte et la dispersion des Douze

La Pentecôte envoie les apôtres dans toutes les directions pour porter l’Évangile aux nations. La tradition de diverses Églises des premiers siècles ainsi que le martyrologe romain nous permettent de situer le champ d’apostolat des Douze.

Pierre contribua avec Paul à ouvrir la communauté chrétienne aux païens ; il rejoint Rome et y connaît le martyre.
Jacques le Majeur est le premier à mourir pour la foi à Jérusalem. Ses reliques auraient été acheminées en Espagne dont il est le patron.
André est l’apôtre de la Grèce ; il aurait évangélisé aussi les contrées voisines jusqu’en Scythie (entre Danube et Don).
Thomas prêcha l’Évangile aux Parthes, aux Mèdes, aux Perses, aux Hyrcaniens ; il pénétra ensuite dans l’Inde.
Jean se serait établi à Éphèse avec la Vierge Marie où il aurait rédigé son évangile. Il est ensuite exilé à Patmos où il mourut.
Simon prêcha l’Évangile en Égypte, Thaddée (appelé aussi Jude) en Mésopotamie ; ils entrèrent ensuite tous les deux en Perse.
Matthieu est allé évangéliser l’Éthiopie pour les uns, la Perse ou la Syrie pour d’autres, enfin la Macédoine ou le Pont-Euxin.
Barthélemy prêcha l’Évangile du Christ dans les Indes ; il passa ensuite dans la grande Arménie.
Matthias n’apparaît qu’après l’Ascension et juste avant la Pentecôte. Il remplaça Judas Iscariote.
Jacques le Mineur, frère du Seigneur, gouverna la première communauté de Jérusalem.
Philippe, après avoir converti à la foi au Christ presque toute la Scythie [au nord de la Mer Noire], fut crucifié et accablé sous les pierres à Hiérapolis en Asie, en Turquie actuelle.

Abbé Marcel Villers

Pentecôte : Union dans la différence

Après la mort de Jésus, les disciples se sont dispersés et chacun a retrouvé son ancienne vie. Le groupe uni autour de Jésus a éclaté : chacun est reparti, chacun pour soi.
Mais quand arriva le jour de la Pentecôte, ils se trouvaient réunis tous ensemble.
A la Pentecôte, l’Esprit réunit les disciples et les soude en un seul corps. En effet, un seul feu les embrase, mais qui se partage et pose sur chacun comme une langue de feu. C’est le même Esprit qui les unit, mais en respectant la différence de chacun.
C’est ce qui se manifeste aussi dans cette foule, issue de tous les peuples, venue écouter les apôtres. Comment se fait-il que chacun les entende dans sa propre langue ?
Des hommes venus de tous les horizons sont rassemblés par l’Esprit dans une même écoute du même discours, mais chacun l’entend dans sa propre langue.
Telle est l’œuvre de l’Esprit.

Ses effets sur les apôtres comme sur les peuples peuvent nous aider à comprendre ce qu’est l’Esprit Saint. A la Pentecôte, tout se joue dans les relations : celles qui unissent entre eux les apôtres, celles qui rassemblent cette foule dans la même écoute. Tout se joue aussi dans la communication : les apôtres se mettent à parler, la foule les entend mais chacun dans sa langue. C’est dans ce jeu de communication et de relation que se construisent d’ailleurs tous les groupes et sociétés humaines. 

Mais il y a des manières d’être en relation positives et d’autres négatives.
« Quel mot employons-nous pour parler de ces relations plus ou moins positives ? Nous employons le mot « esprit » que nous disons bon ou mauvais. Ainsi, par exemple, après une rencontre, on peut dire « il y avait un mauvais esprit dans le groupe » : on désigne par là des relations qui sont marquées par la jalousie, la méfiance, la peur, l’agressivité, etc.
Et parfois, à l’inverse, nous avons des expériences positives. « Ah, oui, il y avait dans le groupe, un bon esprit » : chaleur, entente, solidarité, etc. » (André Fossion, Lire pour vivre)

 Notre expérience nous livre ainsi des critères pour apprécier les bienfaits d’un bon esprit. Or les voilà déclinés dans la prière que nous venons d’entendre avant l’évangile : « Viens, Esprit Saint, en nos cœurs ». Un bon esprit, c’est lorsque le lien entre nous éclaire, console, rafraîchit, guérit, redresse et finalement établit dans une joie durable. Ce sont là les effets de l’Esprit Saint.
Le Saint Esprit se révèle ainsi présent lorsque le lien entre nous est porteur de vie, d’unité et de respect de chacun. L’Esprit Saint est le lien d’amour qui nous unit, circule entre nous, nous vivifie et nous réjouit le cœur 

C’est ce qui se passe le jour de la Pentecôte où se révèle ainsi, par son action, l’Esprit Saint. Ce jour-là, « les apôtres sont réunis dans un même lieu. Ils forment un seul groupe, comme une sorte de noyau compact fermé sur lui-même. Ce groupe fermé va éclater pour se porter vers autrui, sans limite. C’est alors une explosion de communication, une explosion de paroles en diverses langues. Le feu venu du ciel pousse à parler, à sortir de soi, à ouvrir les portes et à entrer en communication avec tous. » (Fossion) 

Telle est l’œuvre de l’Esprit Saint : mettre en relation, mettre en communication tous les peuples, toutes les cultures, tous les humains. Dans cette action de mise en communication, nous reconnaissons l’œuvre de Dieu.
Promouvoir la relation, travailler à la communication fraternelle entre nous et entre tous les peuples, c’est s’inscrire dans la mouvance de l’Esprit Saint.
N’est-ce pas aussi la raison même d’une paroisse, à fortiori d’une unité pastorale : mettre en relation et communication, construire l’union dans la différence ?

Viens Esprit Saint en nos cœurs.
Viens remplir le cœur de tes fidèles.

Abbé Marcel Villers
Homélie de la Pentecôte, Theux, 9 juin 2019.
Illustration : Pentecôte (1681) plafond du chœur de l’église de Theux.